Comment faire pour que la miséricorde soit efficace dans ma vie ?

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Mon père, dans la deuxième lecture de ce jour, Saint Paul nous dit que Dieu est riche en miséricorde. Mais que faire pour qu’elle soit réellement efficace dans ma vie ?
 
Mon frère, ma sœur, la miséricorde de Dieu pour le pécheur est sans conteste l’un des termes clés des textes de ce 4e dimanche ordinaire C. Le Christ élevé sur la croix est le signe achevé de cette miséricorde. Saint Paul, dans la posture d’un contemplatif, chante une hymne au Dieu riche en miséricorde. Mais alors, comment bénéficier efficacement de cette miséricorde de Dieu ?

1. Croire en cette miséricorde

La 1ère lecture et l’évangile du jour nous répondent qu’il faut croire en la miséricorde de Dieu. Une chose est de savoir que Dieu est miséricordieux, une autre est d’y croire, c’est-à-dire de s’ouvrir à cette miséricorde. « C’est bien par grâce (miséricorde) que vous êtes sauvés (répété deux fois en figure d’insistance) », et il ajoute « par le moyen de la foi ». S’il est vrai que nous ne méritons pas le salut, il est aussi vrai que pour bénéficier de la miséricorde qui sauve, il faut la foi, qui est elle-même un don de Dieu. La foi apparaît ici comme la main tendue de l’homme pour recevoir une miséricorde disponible à tout instant pour tous. Refuser de tendre la main, c’est se fermer volontairement à l’œuvre efficace et salvatrice de la miséricorde en nous.

2. Se recouvrir d’humilité

« Dieu s’oppose aux orgueilleux, mais aux humbles il accorde sa grâce » dit l’apôtre saint Pierre (1 P 5,5). La Bible est remplie d’histoires de personnes dont la grandeur de l’offense a été effacée par Dieu, seulement par leur acte d’humilité et de repentir. En ce temps de carême, nous devons cultiver cette vertu dans notre rapport non pas seulement à Dieu mais aussi à nos frères. Pour bénéficier donc de la miséricorde de Dieu, il faut reconnaître son péché et en demander pardon. Le peuple de l’alliance dans la première lecture a goûté au fruit amer de l’exil du fait de son refus de reconnaître son péché et de sa rébellion vis-à-vis de Dieu. Pendant ce temps de carême, nous sommes invités à nous confesser et à faire pénitence. Oserons-nous, en ce grand temps de miséricorde, saisir cette opportunité pour revenir à Dieu de tout notre cœur en nous désolidarisant avec le péché ? L’humilité apparaît ici comme la porte que nous ouvrons sur nos vies pour laisser entrer la miséricorde divine.

3. Faire miséricorde

Dans la conclusion de la parabole du serviteur pardonné incapable à son tour de prendre en pitié son frère, Jésus a lié le pardon de Dieu au pardon à offrir au prochain. Cette condition lui est si impérative que dans le Pater, il nous apprend à dire : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ». En clair, pour bénéficier efficacement de la miséricorde de Dieu, il faut soi-même devenir miséricorde pour son prochain : « Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde » (Mt 5, 7). Cette dernière ne s’arrête pas seulement au pardon des péchés, mais à tout l’ensemble de ce que le pape François appelle « les œuvres corporelles et spirituelles de miséricorde ». Plus que de « faire miséricorde », nous sommes donc invités à « être miséricorde » pour nos frères. La miséricorde reçue de Dieu devient efficace en nous quand nous en devenons ses canaux de transmission pour nos frères.
 
Mon frère, ma sœur, la foi, l’humilité et la vie de miséricorde sont, entre autres, les conditions basiques pour bénéficier vraiment de la richesse miséricordieuse de Dieu.
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Abbé Jean Oussou-Kicho

Je suis prêtre de l’archidiocèse de Cotonou (Bénin), ordonné en 2008, licencié en théologie morale. Directeur de complexe scolaire, je suis investi dans la pastorale des réseaux sociaux, devenus un nouveau terrain propice pour l’évangélisation et l’éducation des chrétiens