La patience dans les épreuves

Bréviaire

Frères bien aimés, si nous sommes dans le Christ, si nous l’avons revêtu, s’il est personnellement la voie de notre salut, nous qui suivons le Christ dans ses traces rédemptrices, marchons selon les exemples du Christ, comme l’enseigne l’apôtre Jean : Celui qui déclare demeurer dans le Christ doit marcher lui-même dans la voie où lui, Jésus, a marché. De même Pierre, sur qui la condescendance du Seigneur a fondé l’Église, s’exprime ainsi dans son épitre : Le Christ a souffert pour vous et vous a laissé son exemple afin que vous suiviez ses traces, lui qui n’a jamais commis de péché ni proféré de mensonge : couvert d’insultes, il n’insultait pas ; accablé de souffrances, il ne menaçait pas, mais se
livrait à celui qui le jugeait sans justice.

Aussi trouvons-nous que les patriarches et les prophètes et tous les justes, qui portaient la préfiguration du Christ, son image marchant devant eux, n’ont rien surveillé davantage parmi leurs glorieuses vertus, que la pratique de la patience avec une égalité d’âme courageuse et ferme. Ainsi Abel, qui fut le premier à inaugurer et à consacrer l’origine du martyre et la passion du juste, ne regimbe pas et n’oppose pas de résistance devant son frère meurtrier, mais, humble et doux, il se laisse égorger patiemment. Ainsi Abraham, qui croit en Dieu, et fut le premier à établir la racine et le fondement de la foi, mis à l’épreuve en la personne de son fils, n’hésite pas, ne temporise pas, mais obéit aux ordres divins avec toute la patience de son dévouement courageux.

C’est ensuite Isaac, préfigurant le Seigneur victime, par sa ressemblance avec lui quand son père l’offre en sacrifice, c’est lui que l’on trouve patient ; puis Jacob qui, s’enfuyant loin de son frère, se résigne patiemment à quitter son pays, et avec une patience plus grande encore, par la suite supplie et amène à la concorde, grâce à des cadeaux pacifiques, son persécuteur devenu encore plus impie. Joseph vendu par ses frères puis exilé ne se contente pas de pardonner patiemment, mais quand ils viennent à lui, il leur distribue du blé gratuitement avec une indulgente libéralité. Enfin, tant de prophètes massacrés, tant de martyrs honorés d’une mort glorieuse, qui tous parvinrent à la couronne céleste par les mérites de la patience ! On ne peut, en effet, recevoir la couronne des douleurs et des souffrances que si l’on a enduré patiemment au préalable la douleur et la souffrance.

Traité de saint Cyprien sur le bien de la patience
Cc. 9-10 : SC 291, 202-206

Cyprien de Carthage, né vers 200 et mort en martyr le 14 septembre 258 sous la persécution de Valérien, est un Berbère converti au christianisme, évêque de Carthage et Père de l’Église. Il est, après saint Augustin, l’un des plus grands témoins de la doctrine de l’Église latine des premiers siècles.

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Frère Hervé

Je suis un religieux ermite, consacré dans cette forme de vie par mon évêque. Je réside en France et suis passionné par la recherche de la Vérité dans l’Écriture sainte, dans la philosophie et la théologie.

Cet article a 4 commentaires

  1. Fodjo Désiré

    Amen à la patience dans le Christ !
    Merci à vous et que Dieu vous bénisse abondamment !

  2. Blandine

    Aide Seigneur à être patient (e) face aux épreuves de la vie. Sans toi nous n’y arriverons pas.

  3. SOHOUANDJO Julien

    Merci beaucoup père. Que le Seigneur nous aide à toujours espérer son heure pour la Gloire de son Nom

  4. P Achille

    Que Dieu nous aide à pouvoir supporter les difficulté de tous les jours. La force dans l’épreuve.

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