Le Christ aime l’esprit d’enfance

Bréviaire

Toute la victoire du Sauveur, victoire qui a subjugué le diable et le monde, a commencé par l’humilité, a été consommée par l’humilité ; car le Fils unique de Dieu a désiré assumer, par un unique baissement de sa majesté, aussi bien de naître volontairement homme, que de pouvoir être tué par les hommes. Si donc, par le privilège de son humilité, le Dieu tout-puissant a rendu bonne notre cause si mauvaise, et s’il a détruit la mort et l’auteur de la mort, , en ne rejetant pas tout ce que lui faisaient souffrir ses persécuteurs, mais en supportant avec une extrême douceur et par obéissance à son Père, les cruautés de ceux qui s’acharnaient contre lui ; combien ne devons-nous pas nous-mêmes être humbles, combien patients, puisque, s’il nous arrive quelque épreuve, nous ne la subissons jamais sans l’avoir demandée.

Aussi toute la pratique de la sagesse chrétienne, bien-aimés, ne consiste ni dans l’abondance de paroles, ni dans l’habileté à se disputer, ni dans l’appétit de louange et de gloire mais dans la sincère et volontaire humilité que le Seigneur Jésus-Christ a choisie et enseignée, en guise de toute force, depuis le sein de sa mère jusqu’au supplice de la croix. Car un jour que ses disciples cherchaient entre eux, comme le raconte l’évangéliste, qui parmi eux, était le plus grand dans le Royaume des cieux, Jésus appela un petit enfant, le plaça au milieu d’eux et déclara : Amen, je vous le dis, si vous ne changez pas pour devenir comme les petits-enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux. Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, c’est celui-là qui sera le plus grand dans le Royaume des cieux.

Le Christ aime l’enfance, qu’il a d’abord vécue et dans son âme et dans son corps. Le Christ aime l’enfance, maîtresse d’humilité, règle d’innocence, modèle de douceur. Le Christ aime l’enfance : vers elle il oriente la manière d’agir des aînés, vers elle il ramène les vieillards ; il attire à son propre exemple ceux qu’il attire au royaume éternel. Mais si nous voulons être capables de comprendre parfaitement comment il est possible de parvenir à une conversion si admirable, et par quelle transformation il nous faut revenir à l’état des enfants, laissons le bienheureux Paul nous instruire et nous dire : Pour le bon sens, ne soyez pas des enfants ; oui pour le mal, soyez des petits enfants.

Il ne s’agit donc pas pour nous de revenir aux amusements de l’enfance, ni aux maladresses des débuts, mais de leur prendre une chose qui convient aussi aux années de la maturité, à savoir, que passent vite nos agitations intérieures, que rapidement nous retrouvions la paix : ne gardons aucun souvenir des offenses, n’ayons aucune avidité pour les dignités ; aimons nous retrouver ensemble, gardons une égalité conforme à la nature. Voilà l’esprit d’enfance, tout plein d’une chrétienne égalité d’âme.

Sermon de saint Léon le Grand, pape (440-461)
(Serm 7 in Epiph : SC 22 bis, 278-283)

Léon Ier le Grand fut pape de 440 à 461. Il est connu pour son intervention dans les controverses christologiques du 5e siècle : sa position doctrinale, exprimée dans le Tome à Flavien, fut adoptée comme la doctrine orthodoxe au concile de Chalcédoine en 451. Face au délitement du pouvoir impérial, il négocia en 452 avec Attila la retraite des hordes hunniques et en 455 avec Genséric la survie de Rome. Saint et docteur de l’Église, sa fête est le 10 novembre.

Hymne

À toi Dieu, notre louange !
Nous t’acclamons, tu es Seigneur !
À toi Père éternel,
L’hymne de l’univers.

Devant toi se prosternent les archanges,
les anges et les esprits des cieux ;
ils te rendent grâce ;
ils adorent et ils chantent :

Saint, Saint, Saint, le Seigneur,
Dieu de l’univers ;
le ciel et la terre sont remplis de ta gloire.

C’est toi que les Apôtres glorifient,
toi que proclament les prophètes,
toi dont témoignent les martyrs ;
c’est toi que par le monde entier
l’Église annonce et reconnaît.

Dieu, nous t’adorons :
Père infiniment saint,
Fils éternel et bien-aimé,
Esprit de puissance et de paix.

Christ, le Fils du Dieu vivant,
le Seigneur de la gloire,
tu n’as pas craint de prendre chair
dans le corps d’une vierge
pour libérer l’humanité captive.

Par ta victoire sur la mort,
tu as ouvert à tout croyant
les portes du Royaume ;
tu règnes à la droite du Père ;
tu viendras pour le jugement.

Montre-toi le défenseur et l’ami
des hommes sauvés par ton sang :
prends-les avec tous les saints
dans ta joie et dans ta lumière.

Oraison

Seigneur, tu as voulu que toute la loi consiste à t’aimer et à aimer son prochain :
donne-nous de garder tes commandements, et de parvenir ainsi à la vie éternelle.

Vous aimez cet article ? Donnez lui 5 étoiles
  [Moyenne : 3]
Print Friendly, PDF & Email

Frère Hervé

Je suis un religieux ermite, consacré dans cette forme de vie par mon évêque. Je réside en France et suis passionné par la recherche de la Vérité dans l’Écriture sainte, dans la philosophie et la théologie.