Petite histoire sur la Toussaint

La basilique Saint-Pierre abrite les reliques de plusieurs saints de l'Église catholique
Dans cette basilique, sont conservées les reliques de plusieurs martyrs et saints catholiques

Synthèse de l’article

La fête de tous les saints se célébrait originellement pendant la période pascale, dans l’Église orientale et occidentale. Elle a été déplacée d’abord par le pape Boniface IV au 13 mai et, après au 1er novembre, par le pape Grégoire III. Trois raisons majeures justifient l’institution de cette fête : anniversaire d’une dédicace, célébration des saints inconnus et recours à l’intercession des saints. Pour le chrétien, fêter aujourd’hui la toussaint, c’est accepter de prendre le chemin d’obéissance du Christ pour partager avec lui sa gloire. 

Aujourd’hui 1er novembre, les catholiques du monde entier fêtent solennellement tous les saints. À l’origine, il n’en était pas ainsi. Nous vous racontons en quelques mots l’histoire de cette fête, les intentions ayant présidé à son institution et la lecture chrétienne qu’on peut en faire.

Au fil de l’histoire

Acte 1

Au commencement, on célébrait tous les saints et martyrs dans la période pascale. Cette période s’étend du dimanche de Pâques à Pentecôte. Par exemple, en Syrie, au Ve siècle, on fêtait tous les saints le vendredi après Pâques.

Parfois aussi, on la célébrait un peu après la solennité de la Pentecôte. C’est ainsi que dans l’Église orientale, les saints sont honorés les jours qui suivent la fête de la Pentecôte. Par exemple, dans l’Église romaine, au Vè siècle, la Toussaint se fêtait le dimanche après la Pentecôte. Aujourd’hui, c’est la Sainte Trinité que nous fêtons après Pentecôte.

Acte 2

Le pape Boniface IV déplace la date de la fête et la met au jour anniversaire de la dédicace du Panthéon de Rome (Panthéon signifie la maison de tous les dieux), qui est devenu une église sous le patronat de « Sainte-Marie-et-des-martyrs ». C’était le 13 mai 610. En remplacement de la fête païenne du Panthéon, le pape fait célébrer tous les saints martyrs, enterrés dans les catacombes et dont il a transféré les reliques dans ce temple. Chaque année donc, à la date du 13 mai, l’Église célébrait la fête de « tous les martyrs, de tous les saints et de Marie ».

Acte 3.

C’est le pape Grégoire III, mort en 741, qui déplace la fête de « tous les martyrs, de tous les saints et de Marie » de la date du 13 mai à celle du 1er novembre. La raison est qu’il consacrait une chapelle de la basilique Saint-Pierre, à Dieu et à son culte, en l’honneur de tous les saints. Vous remarquez déjà que le nom a changé. Il s’agit de « tous les saints » et non plus de « tous les martyrs, de tous les saints et de Marie ». La deuxième raison est que, en novembre, contrairement au mois de mai, il y avait les vendanges. Les nombreux pèlerins pourraient trouver facilement de quoi se nourrir. Près d’un siècle plus tard, soit en 835, le pape Grégoire IV va universaliser la fête de « Toussaint ».

Les raisons de cette fête

Du point de vue liturgique, la solennité de tous les saints avait pour premier objectif de fêter l’anniversaire de la dédicace de l’Église « Sainte-Marie et des martyrs » qui désormais était le lieu des reliques des saints martyrs. La deuxième raison pour laquelle nous célébrons « tous les saints » est que les saints ne se réduisaient pas aux martyrs. Il y a une foule innombrable de chrétiens qui ne sont pas morts martyrs et qui pourtant ont suivi fidèlement le Christ. La fête de tous les saints vient donc pour suppléer à une omission pour rendre justice à tous les saints connus et inconnus. La dernière raison est que, par cette fête, nous pouvons recourir à l’intercession des saints qui nous ont précédés dans la gloire du ciel.

Leçon chrétienne

Du point de vue spirituel, la fête de tous les saints est intrinsèquement liée à la fête de Pâques, c’est-à-dire à la victoire du Christ qui s’est fait obéissant et qui par son obéissant jusqu’à la mort a triomphé dans la gloire. La fête de tous les saints est la reconnaissance de cette victoire du Christ dans la vie des chrétiens qui ont pris la peine de suivre le Christ. Ils ont obéi au Christ et, par cette obéissance, ont connu beaucoup d’épreuves, tout comme le Christ. La fête de tous les saints est l’accomplissement du mystère pascal dans la vie concrète des croyants.

Cette fête nous rappelle donc que le chemin de sainteté du chrétien est indissociable du mystère du Christ obéissant, souffrant, mourant, ressuscitant et triomphant. C’est tout cela que nous fêtons à la fois. Pour nous aujourd’hui, cette fête aura un plein sens si nous acceptons de faire du chemin du Christ le nôtre. Pour être saint, il faut simplement que le mystère du Christ s’écrive dans notre vie : « Voici une parole digne de foi : Si nous sommes morts avec lui, avec lui, nous vivrons. Si nous supportons l’épreuve, avec lui, nous régnerons » (2Tim 2, 11-12).

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Abbé Jean Oussou-Kicho

Je suis prêtre de l’archidiocèse de Cotonou (Bénin), ordonné en 2008, licencié en théologie morale. Directeur de complexe scolaire, je suis investi dans la pastorale des réseaux sociaux, devenus un nouveau terrain propice pour l’évangélisation et l’éducation des chrétiens

Cette publication a un commentaire

  1. Tometin jurius

    Merci mon père

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