Pourquoi Jésus a-t-il pleuré ?

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Voilà une question bien curieuse que je ne me suis jamais posée et pourtant, à la considérer comme telle, les larmes de Jésus peuvent surprendre. J’élargis volontiers la question aux larmes de Jésus. Dans la Bible, Jésus a versé ses larmes trois fois : il pleure à l’occasion de la mort de son ami Lazare, il pleure à la vue de Jérusalem qui refusait de croire au message de conversion qu’il annonçait et enfin il n’a pas pu contenir ses larmes au Jardins des Oliviers avant la crucifixion. Ce sont ces trois moments qui nous sont rapportés, mais il a certainement pleuré plusieurs autres fois comme aussi il a ri et festoyé plus d’une fois.
 
En se faisant homme, Jésus ne faisait pas semblant. Il est devenu homme et a embrassé toute la condition humaine. Ainsi, il a les émotions que nous avons en termes de profonde joie, d’exultation, de peine, de colère, de tristesse, de peur voire d’angoisse devant la mort, etc. Cet aspect de la vie de Jésus nous permet d’affirmer qu’il est vraiment homme. Revenons au détail des circonstances des pleurs de Jésus pour mieux les élucider.

Jésus pleure à l’occasion de la mort de Lazare (Jn 11, 35)

Il pleure (il verse des larmes silencieuses de sorte qu’on le voyait pleurer) parce que ses amies (Marthe et Marie) et la foule de ceux qui sont venus leur présenter les compassions sont inconsolables. Ce sont des larmes de sollicitude et de solidarité. Rappelez-vous la déception de Marthe quand il disait à Jésus : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ». Jésus pleure aussi devant le mystère de la mort qui sème le désarroi dans le cœur des hommes. La leçon est que nos peines ne sont pas indifférentes à Dieu. En Jésus, Dieu se montre proche de ceux qui sont dans l’angoisse. Il partage avec eux leur faiblesse. Il n’abandonne pas quand tout va mal. Il sait que les larmes peuvent aussi consoler car à travers ces larmes, il partage la peine des autres. Même si Jésus sait qu’il va changer la situation, il prend la peine de ne pas être l’extraterrestre sans émotion. Il ne devrait en être autrement. Il est homme, tout comme nous.

Jésus a pleuré à la vue de Jérusalem (Lc 19, 41)

Jésus pleure (il éclata en pleurs de sorte qu’on l’entendait pleurer) ici à cause de l’impénitence des habitants de Jérusalem et, à travers eux, à cause de nos péchés. Ce sont les larmes de douleur du Fils de Dieu. Dieu nous aime si tant qu’il entreprend de nous sauver du péché qui nous éloigne de lui et de sa grâce. Mais beaucoup d’hommes sont sourds à l’appel de Dieu et mènent une vie de souffrance sans savoir les raisons des peines qu’ils endurent. À ce refus de conversion, Jésus dira que des jours viendront où tes ennemis vont t’assiéger. Les hommes, en refusant de se réfugier en Dieu, en tournant le dos à l’unité que Dieu leur désire de tous ses vœux, ils se divisent entre eux et deviennent ennemis les uns des autres. Les guerres, les querelles, les discordes, à l’échelle du monde comme aussi entre deux individus surviennent à cause de leur désaccord. S’ils étaient tous en Christ, ils seraient accordés l’un à l’autre, les uns aux autres, le Christ étant le principe d’unité. Raison pour laquelle, mon frère et ma sœur, il nous faut travailler à l’unité de notre vie et à l’obéissance au Christ pour ne pas traverser les jours où tout ce que nous aurons entrepris va se disloquer comme un château de cartes.

Jésus a pleuré au jardin des Oliviers (Mt 26, 30-46)

Les évangiles synoptiques nous ont laissé le récit du combat spirituel de Jésus quelques heures avant sa mort. L’auteur de la lettre aux Hébreux dit de Jésus qu’il supplia avec les larmes et le sang son Père de le délivrer de la mort. Les larmes peuvent devenir instantanées devant la gravité de la situation. Savoir qu’il allait mourir quelques heures après n’est certainement pas banal pour Jésus, même s’il est le Fils de Dieu. Il est homme et il peut demander à Dieu d’infléchir ces heures douloureuses. Certes, il n’est pas besoin d’aller fondre en larmes tout le temps devant Dieu avant de lui présenter nos situations angoissantes. Cependant, les larmes disent la vérité de la profondeur de notre peine et en même temps de la sincérité de notre prière.
 
Ce sont là quelques réponses sur le vif.  Jésus ne feint pas d’être homme ; il est homme (les pleurs à la mort de Lazare et au jardin des Oliviers) mais il est aussi Dieu pleurant sur l’endurcissement du cœur de l’homme et les souffrances que cela peut entraîner dans sa vie.
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Abbé Jean Oussou-Kicho

Je suis prêtre de l’archidiocèse de Cotonou (Bénin), ordonné en 2008, licencié en théologie morale. Directeur de complexe scolaire, je suis investi dans la pastorale des réseaux sociaux, devenus un nouveau terrain propice pour l’évangélisation et l’éducation des chrétiens