Qui est le plus grand ?

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En chemin, les disciples s’interrogent pour savoir qui est le plus grand. En guise de réponse, Jésus prend un enfant et le place au milieu d’eux. Que peut signifier ce geste surprenant de Jésus pour nous aujourd’hui ?

Mon frère, tu poses une question fort intéressante ce 25e dimanche du temps ordinaire B. Au cœur de la
discussion des disciples au sujet du plus grand, Jésus répond par le signe de l’enfant. Que comprendre à
cette symbolique ?

Un signe simple et accessible

Il faut reconnaître que l’image a de quoi choquer ? Qu’est-ce qu’un enfant a à voir dans nos débats d’adultes, de possession, de puissance et de grandeur ? Apparemment rien. Mais justement, Jésus met devant ses disciples le signe de l’enfant : un signe simple et accessible, pour que personne ne se trompe de sens. Qui, en effet, peut dire ne rien comprendre à la vie d’un enfant, à son statut dans la société ?

Nous avons tous été enfants. Par ce signe tout autant de simplicité, d’accessibilité que de faiblesse, de
disponibilité et de dépendance, Jésus rattache la légitime question, chrétienne elle aussi, de la primauté
et de la grandeur à la fragilité de l’enfant. Le chrétien ne peut désormais penser la grandeur authentique
en Christ en se passant de la figure de l’enfant.

Le signe du denier et du serviteur

Il ne suffira pas seulement de mettre les multiples sens de l’enfant, comme un vœu pieux, dans la recherche chrétienne de la première place. Il faut se convaincre que le chemin pour devenir grand passe nécessairement par la conversion aux valeurs que la posture de l’enfant nous enseigne. Pour être premier, il faut être dernier et le serviteur de tous, comme un enfant. Il s’agit d’un renversement de la logique mondaine du pouvoir. N’est véritablement grand pour Dieu que celui qui fait la course au service.

N’est élevé que celui qui sans cesse s’abaisse. En contrepoint, le plus petit pour Dieu est celui qui se sert
des autres et évacue le service dans la gestion de sa responsabilité. Quel paradoxe, mais, en même
temps, quelle prodigieux enrichissement et ajustement du vrai sens du pouvoir. Le service désintéressé
jusqu’au bout, à l’image de l’enfant, apparaît ainsi comme la fine fleur de la puissance chrétienne.

Missionnaire du Christ au service des enfants

Il nous faut aussi considérer non seulement le signe mais aussi les paroles du Christ au sujet de l’enfant : « Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille ne m’accueille pas moi, mais Celui qui m’a envoyé. » Ces paroles sont trop denses pour ne pas retenir notre attention. Je retiens deux points pour notre question : l’enfant est le signe de Jésus, et par ricochet, le signe de Dieu. Ensuite et surtout, il faut l’accueillir à la manière dont Jésus l’accueillera. C’est tout dire, et vraiment tout, de la nature de la relation que nous sommes appelés à tisser les uns avec les autres, dans notre désir de grandeur. Aussi grand que nous soyons, nous devons nous mettre au service du Christ à travers le visage de l’enfant. En même temps, nous ne devons pas oublier que nous sommes missionnaires du Christ qui se tient au milieu de nous comme celui qui sert.

Mon frère, le signe de l’enfant est simple, pratique et accessible. C’est le signe du Christ. Il rappelle à
notre volonté de dominer que le service dans l’humilité est le chemin de la grandeur chrétienne.

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Abbé Jean Oussou-Kicho

Je suis prêtre de l’archidiocèse de Cotonou (Bénin), ordonné en 2008, licencié en théologie morale. Directeur de complexe scolaire, je suis investi dans la pastorale des réseaux sociaux, devenus un nouveau terrain propice pour l’évangélisation et l’éducation des chrétiens