Réussir en Dieu : le vrai sens

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Réussir

Aujourd’hui et plus que jamais, on prêche la réussite aux chrétiens. L’évangile de la prospérité est plaisant. Les gens y prêtent une oreille favorable. Que veut dire « réussir en Dieu » ? Comment le chrétien doit-il penser sa réussite dans la structure de sa foi ?

Le psaume 1, 3 fait une déclaration qui peut nous surprendre, si nous croisons les faits de la vie quotidienne avec l’idée que véhicule ce psaume : « Tout ce qu’il (le juste) entreprend réussira ». À l’évidence, ceux qui suivent le chemin de Dieu ne réussissent pas toujours dans leurs projets et entreprises. Ils essuient des échecs à la manière de tout le monde. Or la parole de Dieu ne saurait mentir. Si elle est vraie, cela signifie précisément qu’il s’agit d’une réussite dont nous avons à cerner les contours. De quelle réussite s’agit-il alors ?

Les fausses réussites

Ce que les hommes entendent par la réussite peut ne pas l’être pour Dieu. Jésus, à la suite des prophètes, dénonce une attitude qui ne peut manquer de nous interpeller. Il dit : « Quel malheur pour vous les riches, car vous avez votre consolation ! Quel malheur pour vous qui êtes repus maintenant, car vous aurez faim ! » etc. On se rappelle sans doute de l’homme dont les récoltes ont réussi et qui, après avoir démoli ses greniers, en a construit de plus grands pour stocker ses biens. Puis, satisfait d’avoir réussi, il se dit à lui-même qu’il avait de quoi boire et de quoi manger pour toute sa vie. La conclusion ne ménage aucun lecteur : « Tu es fou, aujourd’hui même, on te reprend ta vie ».

Jésus est en pleine dénonciation d’un fait de société que tout le monde s’accorde à pointer du doigt comme des modèles de réussite : être nantis de biens, avoir de quoi se nourrir, être épargné des larmes de douleurs, et surtout être porté en triomphe par les hommes. L’accumulation des biens matériels, être une célébrité, une star comme on dit, avoir tout à sa disposition, n’avoir besoin de personne, voilà quelques objectifs qui définissent la réussite aux yeux des hommes. Pour Jésus, tous ces critères de réussite ne sont pas essentiels pour Dieu. À voir de près, les considérations sont purement d’ordre matériel. Réussir pour les hommes, c’est être comblé de biens et être bien vu de tous.

On connaît les chemins sinueux que l’on peut emprunter pour parvenir à ces finalités : les coups bas, l’escroquerie, la spoliation des biens des pauvres, le profit à outrance. S’il est vrai que certaines personnes prennent des chemins honnêtes pour parvenir à ces résultats, il convient de souligner que l’attitude des uns (les parvenus) diffère de celles des autres (les honnêtes hommes)  : le rapport aux biens mondains est nettement différent selon qu’on veut réussir aux yeux des hommes ou aux yeux de Dieu. La parole de Dieu est clair à souhait : un bonheur qui se construit pour soi dans la fausseté est un vrai malheur. Cette réussite félicitée par les hommes est un grand échec final pour Dieu. Mais alors, de quelle réussite parle le psalmiste ? Comment tous les projets du juste réussissent-ils dans le Seigneur ?

Que signifie « réussir » pour un chrétien ?

La réussite pour le chrétien tient au maintien d’une relation avec le Seigneur. Les biens de ce monde ne sont pas interdit pour le chrétien. Mais ils ne doivent pas constituer la finalité de sa course. Le chrétien ne vit pas pour accumuler les biens temporels, quand bien même il en est besoin pour sa vie.

Réussir pour le chrétien, c’est avant tout emprunter un chemin qui aboutisse au Seigneur. Tant que les projets et les entreprises tiennent compte du Seigneur et n’éloigne pas de lui, le chrétien a réussi. Le chrétien qui réussit est celui-là dont le Seigneur reste la première richesse à sauvegarder. Réussir pour le psalmiste ne signifie pas d’abord ouvrir une société, une entreprise et connaître un succès dans les affaires. Il y a de plus en plus un style de prédication qui ne prêche que cette réussite : le succès, la prospérité et que sais-je encore, en évacuant complètement la part de l’échec. C’est une erreur et une tromperie. Finalement, ces prédications sont des idéologies qui surfent sur l’attente de l’homme sans lui présenter la vérité du dessein de Dieu.

La vraie réussite pour l’homme est, d’une part, de vivre de la loi de Dieu, donc de son Esprit et, d’autre part, de croire fermement en la résurrection du Christ. Finalement, le chrétien est le moins à plaindre car il découvre la source de la vraie réussite. Le prophète Jérémie plaint l’homme qui se fie aux hommes en oubliant le Seigneur et félicite celui qui met sa confiance dans le Seigneur. Réussir, c’est justement ceci : avoir le Seigneur comme son lot. Échouer, c’est avoir une vie « vide » de Dieu.

« Tout ce qu’il entreprend réussira »

On peut alors considérer à nouveau cette phrase. Le psalmiste dit : « tout » ce que le juste entreprend « réussira ». C’est justement parce qu’il le juste entreprend avec le Seigneur qu’il réussit. Dans cet ordre d’idées, aussi surprenant que cela puisse paraître, l’échec peut s’avérer être, in fine, une réussite, la plus grande.

Ce n’est pas pour rien que saint Paul va insister sur la résurrection du Christ et son importance pour ceux qui croient en lui. La plus grande réussite de Dieu a pris la forme du plus grand échec. Aux yeux des hommes, Jésus a échoué. Le signe obvie est sa crucifixion, à la manière d’un brigand. Le Fils de Dieu est assimilé aux « hors-la-loi » et il est mort comme eux. Toute l’entreprise de son ministère (enseignement et guérison) s’est soldé par un échec cuisant. Et pourtant !

Il a réussi, car par sa mort, nous avons la vie. Par son échec, nous avons la victoire. L’histoire de Jésus nous permet donc de faire une relecture de la réussite et de l’échec. Le chrétien réussit « toujours » dans ce qu’il entreprend, qu’il gagne ou non. Car, le Seigneur en dispose pour sa victoire.

La réussite dont il est question est donc proprement une réussite du Seigneur et non une réussite du chrétien, ou pour mieux le dire, c’est le Seigneur qui réussit dans tout ce qu’entreprend le juste, car le Seigneur s’en sert pour son dessein de salut. Tant que le juste reste dans cette posture, il réussit aussi, car en définitive, il est gratifié par le Seigneur, comme il l’a fait pour son propre Fils en le ressuscitant.

Réussir en Dieu, c’est laisser Dieu triompher en nous. C’est le laisser être notre joie, notre repas, notre loisir mais aussi notre le sujet de nos tourments sur la terre. Dans tous les cas, le Seigneur triomphe. Et s’il triomphe en nous, parce que nous aurons tout fait selon sa volonté, c’est que nous triomphant en lui. Et alors, alors seulement, nous pouvons dire que nous avons réussi. Puissions-nous faire du Seigneur les délices de notre cœur et lui accomplira tous nos projets.

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Abbé Jean Oussou-Kicho

Je suis prêtre de l’archidiocèse de Cotonou (Bénin), ordonné en 2008, licencié en théologie morale. Directeur de complexe scolaire, je suis investi dans la pastorale des réseaux sociaux, devenus un nouveau terrain propice pour l’évangélisation et l’éducation des chrétiens

Cet article a 6 commentaires

  1. Pierre CISUAKA

    Merci encore Serviteur de Dieu pour ces lignes qui interpellent encore plus notre vie chrétienne sur l’idée que nous nous faisons de la réussite.

    Seigneur, donne-moi de faire de toi ma priorité, le premier servi de ma vie ; vole à mon secours !

  2. Weidjo Georges

    Je remercie très sincèrement le Seigneur Jésus Christ, qui m’a instrui à travers cet article,qui m’a permis d’approfondir ma connaissance dans le sens de la réussite dont je n’ai jamais cessé de lui adresser dans les prières. Je peux l’en témoigner que c’est vrai,car j’en ai fait l’expérience, que mettre Dieu au centre de sa vie on réussit sans même s’en rendre compte . Je bénis le seigneur de m’aider à reprendre ce chemin que je me suis détourné à mes pères de prier pour nous dans cet exercice.

  3. Tom Allahissem

    C’est magnifique, Amen.

  4. Babadjihou Natacha

    Si seulement la majorité des abonnés de cette page peuvent lire et comprendre cet article, il y aurait moins de dérives dans le rang des chrétiens que nous sommes. Merci mon père. Que Dieu vous bénisse.

  5. SABI KINNOU Marguerite

    Merci mon Père pour votre investissement dans ce groupe ! Cet article m’a été utile !
    Je prie le Seigneur de prendre la première place dans ma vie.

  6. Sekpe christian

    Je suis emu
    .merci beaucoup

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