Samedi 1ère sem TO – Paire : la dignité des pécheurs

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Ambon

Les scribes du groupe des pharisiens, voyant qu’il mangeait avec les pécheurs et les publicains, disaient à ses disciples : « Comment ! Il mange avec les publicains et les pécheurs ! » Jésus, qui avait entendu, leur déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs.  »

Après l’appel des quatre premiers disciples (André et Pierre, Jacques et Jean), Jésus appelle Lévi, un publicain, un pécheur public, à le suivre. Ce qui n’a pas manqué de susciter étonnement et indignation dans la classe des justes et des saints.

Il mange avec les publicains et les pécheurs

C’est la deuxième fois que saint Marc nous montre Jésus dans une maison. Il n’est plus chez Simon et André, mais chez Lévi le publicain. Ce Lévi est un collecteur d’impôts. Aux yeux des pharisiens, ce corps de métier est celui de ceux qui sont englués dans le péchés, du fait de leur injustice et de la spoliation des biens d’autrui. Ce sont des collaborateurs au pouvoir romain insupportable pour les Juifs. Les collecteurs d’impôts, encore appelés « publicains », sont donc très mal vus des pharisiens, comme des gens peu recommandables, dont on devrait garder loin de soi. Ils sont comme des lépreux à la peau pourtant intacte.

Jésus va s’attabler avec Lévi et ses collègues publicains. Il y a même beaucoup d’autres pécheurs, précise le texte. « Manger avec eux » signifie « lier amitié avec eux », « être un des leurs ». Les pharisiens n’arrivent pas à comprendre comment un homme comme Jésus peut oser s’asseoir sur la même table que des personnes à éviter. C’est qu’il ignore la mission de Jésus qui est de sauver l’homme du péché. Il lui faut aller jusqu’au lieu même de leur chute pour les relever. Là-dessus, il faut créer un climat de confiance. Le repas de fête est l’un des meilleurs cadres pour y arriver.

Dieu Restaure la dignité des pécheurs

Par sa pédagogie, Jésus marque une différence entre la nature de l’homme et le péché de l’homme. Le péché n’est pas constitutif de l’homme. En clair, une chose est le péché, une autre est la dignité de l’homme. Bien souvent, on confond l’homme à ses péchés, le limitant à ses fautes. Dieu condamne fermement le péché, il aime fondamentalement le pécheur. En cela, Jésus nous invite à une conversion de regard qui nous permettra de restaurer la dignité inaliénable de chaque homme et de chaque femme. Chacun devrait être aimé, car Dieu n’a de répulsion pour aucune de ses créatures, aussi défigurées soient-elles par le mal.

L’option de l’Église pour les pauvres

À la suite de son Seigneur, l’Église se présente comme l’église des pauvres et des faibles. Dans ses choix fondamentaux, l’Église a une option préférentielle pour les pauvres. Il s’agit pour elle de défendre et de sauvegarder leur dignité dans un monde où le pauvre compte pour peu. De la même manière, l’Église ne ferme pas sa porte aux pécheurs. Si elle dénonce en tout temps le péché et les structures de péchés, elle fait miséricorde à l’homme pécheur, l’invitant à la conversion. Elle ne cesse de lui adresser la parole du Christ pour le faire sortir des ténèbres du péché.

Chrétiens que nous sommes aujourd’hui, nous avons à accorder une place de choix à ceux qui sont mal perçus dans la société. Ce n’est pas en s’éloignant d’eux que nous allons les attirer au Christ. Bien au contraire, ils ont besoin de notre proximité et de notre joie de marcher à la suite du Christ. Nous n’avons pas à poser sur eux un regard de mépris et de condamnation. Si nous posons sur eux le regard du Christ, nous les guérirons à l’intérieur et ils deviendront des témoins prêts à tout laisser pour le Christ.

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Abbé Jean Oussou-Kicho

Je suis prêtre de l’archidiocèse de Cotonou (Bénin), ordonné en 2008, licencié en théologie morale. Directeur de complexe scolaire, je suis investi dans la pastorale des réseaux sociaux, devenus un nouveau terrain propice pour l’évangélisation et l’éducation des chrétiens