Samedi 32e sem. TO – Impaire

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Ambon

« Le Seigneur ajouta : Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice ! Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ? Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice. Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

La parole de Dieu de ce jour nous instruit sur le Seigneur qui rend justice à ceux qui le prient. Après la réponse de Jésus aux pharisiens concernant la venue du règne de Dieu, nous sommes conviés à implorer, dans la prière persévérante, la justice de Dieu. Jésus nous rassure d’emblée, Dieu est juste. Qui plus est, il ne fait pas de différence entre les hommes. Il écoute les pauvres, « attentif à leurs cris »

Une veuve et un juge

Jésus présente un juge qui a un comportement aux antipodes de sa fonction : un juge sans justice. Il faut dire simplement qu’il porte un nom puisqu’il n’a rien de juste en lui. En rigueur de terme, il n’est plus un juge. Voilà que le titre qu’il porte oblige à lui faire recours. Etant donné qu’il est le juge de la ville, il compte pour peu la plainte d’une pauvre veuve.

Les veuves, on le sait désormais, sont des personnes marginalisées, que l’on piétine facilement sans rien craindre. Entendu que ce juge est n’a de respect ni pour Dieu ni pour l’homme, on voit mal comment une veuve peut arriver à bout de ce « sans foi ni loi ». Or, chose curieuse, c’est la veuve qui finit par obtenir gain de cause. Comment ?

Elle ne s’est jamais découragée. Elle se présentait chaque fois devant le juge pour lui rappeler son devoir de rendre justice. Le raisonnement du juge n’est pas plus humain. Il ne satisfait pas la pauvre dame à cause de la justesse de sa plainte, mais pour ne plus avoir à être dérangé par elle. Il finit par rendre justice pour se débarrasser de la pauvre veuve. Quel que soit l’aboutissement de ce duel, la femme l’emporte le juge, le pauvre sur le fort.

La force de la persévérance

Il faut tout de suite faire comprendre que la pointe de cette parabole ne se trouve pas dans la demande de la veuve, mais bien dans sa ténacité et son endurance. C’est la raison pour laquelle la parabole a été dite : « toujours prier sans se décourager ». L’essentiel n’est pas seulement de prier, mais surtout de tenir aussi longtemps que possible dans la prière, sans céder au découragement. La force de la prière ne se trouve pas dans la demande elle-même, mais bien dans la persévérance.

C’est bien ce qui manque le plus aujourd’hui dans nos sociétés contemporaines : société de l’instantané, société du « tout et tout de suite », société où l’on gomme l’attente, la patience, la persévérance. Il s’agit, dans le fond, d’une société de l’impatience et de l’intempérance.

Cette parabole vient donc bien à propos pour nous aujourd’hui. Savons-nous être patients quand nous adressons nos prières au Seigneur ? Ne cédons-nous pas au découragement quand il nous semble que Dieu est sourd à nos appels ?

La foi

Jésus pose une question à la fin de l’évangile : « Quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? ». Il convient à chacun de répondre à cette question. Pour ma part, la foi, dans le contexte de cette parabole est du point de vue du juge la crainte de Dieu et du point de vue de la veuve, la prière persévérante.

Posons-nous la question : la crainte de Dieu existe-t-elle encore sur la terre au regard de la nouvelle éthique mondiale ? La prière persévérante est-elle encore une valeur dans une société de l’impatience ? A chacun de nous répondre au Christ.

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Abbé Houénagnon Éric Bognon

Je suis prêtre du diocèse de Porto-Novo, ordonné en 2020. Je suis en mission fidei donum dans le diocèse de Djougou, vicaire à la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Bassila.