Sens des trois signes de la croix avant l’Évangile

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Les chrétiens se signent de trois petites croix sur le front, la bouche et la poitrine. Ce geste signifie que la Parole de Dieu doit être accueillie comme la Vérité divine, proclamée à toute la création et conservée dans le cœur. Même si on connaît le sens de ces gestes, l’Église n’indique pas qu’on doit accompagner ce geste d’une parole.

Nombreux sont ceux qui se posent des questions sur les différents gestes lors de la célébration de la sainte messe. Devant toutes ses préoccupations pertinentes, ressortent les trois signes de la croix faits par les chrétiens avant la proclamation de l’Évangile.

Que nous dit la Bible à ce sujet ? Quel sens peut-on donner à ce geste que les catholiques font sur eux ? Des paroles doivent-elles accompagner le geste ? Voilà quelques questions auxquelles nous apporterons quelques éléments de réponse.

Que nous dit la Bible à ce sujet ?

Le peuple Israël, bien des siècles avant Jésus-Christ, a coutume de faire des traits sur le front ; c’est une marque de bénédiction divine en forme de +, qui est une ancienne graphie de la « tav ». En effet la « tav » est la dernière lettre des alphabets sémitiques. Elle désigne le T de la Torah. Cette même Torah (ou Loi) indique le chemin qui mène vers Dieu.

Par ailleurs, le Livre d’Ézéchiel illustre cette marque. Selon le texte biblique, seuls les hommes marqués au front échapperaient à la destruction de Jérusalem. Ezéchiel prophétisa ainsi : « Passe au milieu de la ville et marque d’une « tav » le front des hommes ! » (cf. Ez 9, 1-6).

Dans le livre du Deutéronome déjà, Moïse exhorte le peuple de Dieu en disant : « Que les commandements que je te prescris soient inscrits dans ton cœur. Attache-les sur ta main et porte-les sur le front » (cf. Dt 6, 4-9). Nous retenons pour notre gouverne le fait que les commandements soient inscrits dans le cœur.

Que signifie les trois petits signes de la croix ?

Avant la proclamation de l’Évangile, le diacre ou le prêtre dit : « Évangile de Jésus selon saint N. » ; l’assemblée répond : « Gloire à toi Seigneur ». À cette parole, s’ajoute simultanément la triple signation sur le front, les lèvres et sur le côté gauche de la poitrine.

La première explication qu’on peut apporter est que ce signe est la marque de vénération à la Parole que porte le Christ, le Verbe de Dieu, la parole qui s’est faite chair (cf. Jn 1,14). Le deuxième sens est que nous sommes disposés à accueillir pleinement l’Évangile de notre Seigneur avec notre intelligence (front), notre volonté de témoigner et d’annoncer le Christ (bouche) et enfin avec toute notre attention, tout notre amour, toute notre vie (cœur). Le Missel Romain, dans les rubriques de célébration de la sainte messe dit que les fidèles se signent de la croix « sur le front, la bouche et la poitrine, pour reconnaître par là qu’ils doivent accepter la vérité divine dans leur intelligence, la professer de bouche et la conserver dans leur cœur ».

Cela veut dire que nous devons appliquer nos facultés intellectuelles à accepter cette parole comme étant la vérité. C’est ce principe de vérité qui guide notre recherche de la Parole divine. La signation sur les lèvres, quant à elle, nous invite à l’annonce de la parole. Nous devons la répéter à nos familiers, à nos connaissances et la partager partout où besoin sera. Enfin, en ce qui concerne la signation sur le cœur, on comprend que le cœur est le siège de la conscience, mais aussi le symbole par excellence de la mémoire. Nous devons nous laisser interpeller par la Parole. Nulle n’est supérieure à elle. Nous devons nous soumettre à son appel. En même temps, nous devons faire de notre cœur le lieu où se dépose et se médite la Parole de Dieu. « Marie gardait tous ces événements et les méditait dans son cœur », nous dit la Parole de Dieu. Cette parole doit donc faire notre ravissement et être considérée comme les délices de notre âme. Des paroles doivent-elles accompagner le geste de la triple signation ?

Des paroles accompagnent-elles le geste ?

On sait bien que dans la célébration des sacrements, les paroles accompagnent les gestes que pose le prêtre. De la même manière, quand on fait le signe de croix, on l’accompagne de la parole « au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». On a bien tendance à faire une transposition quand on se signe sur le front, les lèvres et la poitrine.

On sait bien que ce que signifient les gestes, comme nous venons de l’expliquer. Mais très clairement, la liturgie ne prévoit rien à dire, ni pour le prêtre ni pour les fidèles. Il faut absolument corriger la tendance qui veut qu’on en rajoute à la liturgie, comme s’il manquait l’essentiel.

En conclusion, on peut dire que les chrétiens se signent triplement, au front sur les lèvres et sur la poitrine, au moment de la lecture de l’évangile, pour que la parole de Dieu imprègne leur esprit et leur cœur et qu’elle soit crue et proclamée avec fidélité et courage.

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Cet article a 3 commentaires

  1. MBOLISSA NGUEREKOUNDOU Wilfried

    Cette page est très intéressante et instructive pour renforcer la foi chrétienne et les rites qui accompagnent la célébration des différentes sacrements.

  2. Franck Yafouta-né

    Merci mon père. J’ai aimé la page ainsi que les enseignements.

  3. J’en suis très ravi pour cette formation. Encore, merci ! Mais, j’ai deux questions:
    -Entre le pied gauche et le pied droit, lequel on doit présenter le premier pour entrer dans une chapelle ?
    -Que symbolise ce contour que fait le célébrant principal à l’entrée et à la sortie de la messe; pourquoi le prêtre entre à droite et en ressort à gauche de l’autel ?

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