Médaille miraculeuse : l’essentiel à savoir

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Médaille miraculeuse

De toutes les médailles distribuées dans le monde entier, la plus connue est sans nul doute la « médaille miraculeuse ». Beaucoup la suspendent à leur cou, sans en connaître totalement l’histoire, le sens et la position de l’Église. Cet article veut nous éclairer sur tous ces sujets.

Histoire de la médaille miraculeuse

L’histoire de la médaille miraculeuse commence en 1930, en France, en plein cœur de Paris (rue du Bac), chez les sœurs de la Charité. Dans cette communauté religieuse, se trouve une jeune novice, Catherine Labouré, né le 02 mai 1806, à Fain-les Moutiers. Dès son enfance, elle travaille dans la ferme familiale. Cette paysanne, une fois orpheline, va entrer dans la congrégation des Filles de la Charité, encore dénommée « Sœurs de Saint-Vincent-de Paul ». Au milieu de cette communauté, se trouve la chapelle, lieu de la visite de Marie à Catherine.

Marie y apparaîtra deux fois à la jeune novice. La première fois, le 18 juillet 1830 au soir, alors qu’elle dormait, elle se réveilla, par l’insistance d’un enfant et se rendit à la Chapelle pour prier. Dès son entrée, Marie se fait voir et lui dit : « Mon enfant, le bon Dieu veut vous charger d’une mission. Votre tâche sera délicate et difficile ».

La deuxième fois, ce sera le 27 novembre de la même année, dans la même chapelle. Pendant qu’elle priait, elle a une nouvelle apparition : deux tableaux se présentent au-dessus de l’autel, l’un présentant le recto et l’autre le verso. Marie lui dit alors : « Faites, faites frapper une médaille sur ce modèle, toutes les personnes qui la porteront recevront de grandes grâces ; en la portant au cou, les grâces seront abondantes pour les personnes qui la porteront avec confiance ».

Pourquoi le nom « médaille miraculeuse »  ?

Son nom initial est « la Sainte Médaille ». Pour comprendre les raisons pour lesquelles on l’appelle aujourd’hui « la médaille miraculeuse », il faut se mettre dans le contexte de sa distribution. En 1832, la pandémie du choléra sévissait en France. On mourait par centaines de milliers. Les villes se vidaient de leur population. Le prêtre confesseur de Catherine reçoit de son évêque la permission de frapper des médailles pour les distribuer. C’est alors que les sœurs de la Charité ont imprimé et multiplié le modèle de médaille recommandée à sainte Catherine par la Vierge Marie. On en distribua.

Le constat fait est que les guérisons se multipliaient. Aucune des sœurs n’avaient contracté le choléra alors qu’elles étaient en contact avec les malades. C’est donc au regard des multiples miracles réalisés qu’on a commencé par appelé la Sainte Médaille « la Médaille miraculeuse » pour signifier qu’elle est la médaille des miracles.

Très vite, les fidèles chrétiens ont pris en affection cette médaille. En 1834, soit deux ans après sa première distribution, on comptait déjà 500.000 partages. Ce n’était plus seulement en France qu’elle est connue. Ce fut dans le monde entier. Son succès et les milliers de témoignage à son endroit lui valent bien ce nom. Le plus important pourtant n’est certainement pas le nom, mais le sens des inscriptions sur la médaille.

Sens des inscriptions sur la médaille.

Nous nous intéresserons à la fois à l’endroit et à l’envers de la médaille.

Au recto de la médaille

Trois points peuvent retenir notre attention.

• Sur la face principale de la médaille se trouve la Sainte Vierge Marie, les bras écartés, les mains ouvertes d’où jaillit un faisceau de lumière vers la terre. Ceci signifie que la médaille est mariale et que la mère de Jésus répand, depuis le ciel, les grâces de sa maternité divine sur la terre.

• On voit, sous les pieds de Marie, un serpent écrasé, signe de l’accomplissement de l’annonce dans le livre de la Genèse (Gn 3,15). En effet, Dieu avait annoncé qu’une femme écrasera la tête du serpent tandis qu’il la mordra au talon. Marie est donc cette femme. La leçon est que l’esprit mauvais n’est pas une invention. Il existe vraiment. En même temps, c’est Marie qui l’écrase. Avec Marie et surtout en disant oui à Dieu comme Marie, on peut vaincre toutes les tentations démoniaques.

• La prière : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». Le dogme de l’immaculée conception sera proclamé en 1851. Mais déjà en 1830, soit 20 ans avant, Marie, par son apparition, révèle qu’elle est vraiment conçue sans le péché. Elle tranche le débat sur la question : elle a été préservée du péché dès sa conception.

Au verso de la médaille

On peut constater des dessins et des signes qui introduisent davantage dans le message que Marie veut transmettre.

• Tout en haut, se présentent la lettre M et le signe + qui s’entrelacent. La lettre M est l’initiale de Marie tandis que la + rappelle tout le mystère pascal du Christ et surtout sa crucifixion. Ces symboles indiquent que Marie est bien associée de près et indissociablement au mystère du salut du Christ. On se rappelle alors le passage de l’évangile qui parle de la présence de Marie au pied de la croix (Jn 19, 25-27).

• Douze étoiles sont autour du symbole pour rappeler la description de saint Jean dans l’Apocalypse : « Un signe grandiose apparut dans le ciel : une femme environnée de soleil, douze étoiles la couronnent. » (Ap 12, 1). Cette femme, au premier sens, est l’Église dont Marie est l’icône achevée. L’Église donne naissance à des enfants, ce qui suscite le courroux de Satan. La couronne de cette femme, ce sont les douze apôtres, représentant les douze tribus du nouvel Israël.

• Tout en bas de la médaille, se trouvent deux cœurs très rapprochés : l’un couronné d’épines et l’autre transpercé d’un glaive. Le cœur est le siège de l’amour. L’amour qui unit Jésus et Marie est inséparable. Le cœur couronné d’épines rappelle l’amour passionnel et sacrificiel du Christ pour les hommes, un amour blessé par l’ingratitude humaine. Le cœur transpercé d’un glaive rappelle la prophétie de Siméon qui annonçait que Jésus sera un signe de contradiction dans le monde et qu’un glaive transpercera le cœur de Marie. L’amour intense de Marie pour son Fils et pour les hommes souffrira de la mort de son Fils qu’elle offre, dans l’amour au Père des cieux.

Nous venons de comprendre le sens des images et des signes sur la médaille miraculeuse. Qu’en dit l’Église ?

Que dit l’Église sur les médailles mariales ?

La Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, dans son directoire sur la piété populaire et la liturgie, authentifie l’apparition de Marie à sainte Catherine et la réalité des médailles. Elle dit que cette médaille comporte « les mystères de la foi concernant la personne de Marie : en effet, son symbolisme particulièrement riche évoque à la fois le mystère de la Rédemption, l’amour du Cœur du Christ et du Cœur douloureux de Marie, la vocation de la Vierge Marie en tant que médiatrice de toutes grâces, le mystère de l’Église, les relations entre la terre et le ciel, et entre la vie temporelle et la vie éternelle ».

La pratique chez les fidèles de porter sur eux ou de suspendre à leur cou les médailles de Marie, en l’occurrence la médaille miraculeuse. C’est le signe de leur confiance en la protection maternelle de Marie. En bénissant les médailles, l’Église insiste sur le témoignage de vie chrétienne à rendre.

L’Église rappelle pourtant que la « médaille miraculeuse, (…), ne doit pas être considérée comme un talisman, ce qui conduirait les fidèles à une vaine crédulité. La promesse de la Vierge Marie, selon laquelle “les personnes qui porteront la médaille recevront de grandes grâces”, exige de la part des fidèles une adhésion humble et fidèle au message chrétien, une prière persévérante et confiante, et une conduite morale cohérente ». Ce sont les conditions générales pour que le port de la médaille miraculeuse prenne son sens et sa valeur.

Que Marie intercède pour nous et qu’elle nous donne la grâce d’aimer intensément son Fils et de l’imiter dans toute notre vie.

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Abbé Jean Oussou-Kicho

Je suis prêtre de l’archidiocèse de Cotonou (Bénin), ordonné en 2008, licencié en théologie morale. Directeur de complexe scolaire, je suis investi dans la pastorale des réseaux sociaux, devenus un nouveau terrain propice pour l’évangélisation et l’éducation des chrétiens

Cet article a 13 commentaires

  1. Pentecôte

    Merci padre

  2. FIBI Noël

    AMEN et Merci pour l’éclaircissement.

  3. Gilbert Yamkoudougou

    Merci, Padre. Car c’est avec cette explication que j’ai compris la signification et la portée de la Médaille miraculeuse.

  4. DAH-SOUGNI Geoffroi

    Merci merci merci pour ces explications qui renforcent encore notre foi

  5. Pierre ADANTCHEDE

    Merci beaucoup père, que le Seigneur vous bénisse d’avantage !

    Alors moi j’ai une question qui est celle ci
    Qu’est-ce qu’on peut comprendre sur l’enterrement des médailles miraculeuses dans la maison ou atelier ?
    Pourquoi la diversité de ces médailles ?, C’est à dire médailles de Saint Christophe….

  6. Marie-Thérèse

    Merci mon père.

  7. Tchoukpe Agossou Léon

    Merci beaucoup mon cher père, j’ai compris maintenant l’importance de la médaille miraculeuse.

  8. Mado

    Merci

  9. Valère GBOTCHE

    Merci bien mon père

  10. Elisée

    Merci pour la catéchèse, Padre

  11. AKPADJI A. Cyrille

    Merci mon Père pour cet éclairage
    Que le Seigneur vous en donne davantage cette grâce

  12. Evelyne

    Merci beaucoup père

  13. AGBEKPONOU THIBAUT

    merci beaucoup père

Les commentaires sont fermés.