Pour préparer son dernier jour

Bréviaire

Frères, ce que vous venez d’entendre, cet avertissement de l’Écriture qui nous dit de veiller dans l’attente du dernier jour, que chacun l’applique au dernier jour de sa propre vie ; car il est à craindre qu’en imaginant ou en regardant comme éloigné le dernier jour du monde, vous ne dormiez à l’avènement du dernier jour de votre propre vie. Vous avez entendu ce qu’a dit le Christ à propos du dernier jour du monde : que ce jour, nul ne le connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père. Il y a certes là une question importante, mais n’allons pas imaginer, dans une sagesse toute humaine, que le Père connaît quelque chose qu’ignore le Fils.

Car en vérité lorsque le Christ dit : Le Père connaît le dernier jour, il dit par là même que, dans le Père, le Fils aussi le connaît. Que peut-il y avoir, en effet, dans un jour, que le Verbe n’ait pas fait, lui par qui le jour a été fait ? Que nul ne recherche donc à propos du dernier jour, quand sera son avènement ; mais veillons tous en vivant saintement, de peur que le dernier jour de l’un quelconque d’entre nous ne surprenne celui-ci, ne le trouve pas prêt, et qu’un tel homme ne soit trouvé au dernier jour du monde dans l’état où il sera sorti de cette vie en son dernier jour. Rien ne t’aidera de ce que tu n’auras pas fait ici-bas. Chacun trouvera dans ses propres œuvres un appui ou un accablant fardeau.

N’aimons pas le monde. Le monde accable ceux qui l’aiment, il ne les conduit pas au bien. Il nous faut plutôt travailler à n’être pas pris à ses pièges, que redouter qu’il passe et qu’il s’effondre. Voici que le monde passe et qu’il s’effondre ; mais le chrétien reste debout, car le Christ ne passe ni ne s’effondre. Pour quelle raison, en effet, le Seigneur dit-il : Réjouissez-vous, car moi, j’ai vaincu le monde ? Nous devrions lui répondre : « Réjouis-toi plutôt toi-même. Si c’est toi qui as vaincu le monde, c’est à toi de te réjouir. » Pourquoi nous ? Pourquoi nous dit-il : Réjouissez-vous, sinon parce que c’est pour nous qu’il a vaincu, pour nous qu’il a combattu ? De quelle manière a-t-il combattu ? En se faisant homme.

Ne prends pas en compte qu’il est né de la Vierge, qu’il s’est dépouillé lui-même en prenant la condition de serviteur, devenu semblable aux hommes, reconnu comme un homme à son comportement, ne tiens pas compte de tout cela: quand alors, une lutte ? Où la tentation ? Comment, un combat ? Comment une victoire, là où n’a pas précédé un affrontement ? Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Ce Verbe aurait-il jamais pu être crucifié ? Ce Verbe pouvait-il être insulté ? Ce Verbe, être frappé de soufflets ? Ce Verbe, couronné d’épines ? Mais afin de souffrir cela, le Verbe s’est fait chair et, après avoir souffert cela, en ressuscitant, il a vaincu. C’est donc pour nous qu’il a vaincu, et il nous en donne la garantie par sa résurrection.

Sermo 97, 1.4: PL 38, 589. 591

Saint Augustin, né le 13 novembre 354 à Thagaste (l’actuelle Souk Ahras, Algérie) et mort le 28 août 430 à Hippone (l’actuelle Annaba, Algérie), est un philosophe et théologien chrétien romain. Avec Ambroise de Milan, Jérôme de Stridon et Grégoire le Grand, il est l’un des quatre Pères de l’Église occidentale et l’un des trente-six docteurs de l’Église.

Hymne

À toi Dieu, notre louange !
Nous t’acclamons, tu es Seigneur !
À toi Père éternel,
L’hymne de l’univers.

Devant toi se prosternent les archanges,
les anges et les esprits des cieux ;
ils te rendent grâce ;
ils adorent et ils chantent :

Saint, Saint, Saint, le Seigneur,
Dieu de l’univers ;
le ciel et la terre sont remplis de ta gloire.

C’est toi que les Apôtres glorifient,
toi que proclament les prophètes,
toi dont témoignent les martyrs ;
c’est toi que par le monde entier
l’Église annonce et reconnaît.

Dieu, nous t’adorons :
Père infiniment saint,
Fils éternel et bien-aimé,
Esprit de puissance et de paix.

Christ, le Fils du Dieu vivant,
le Seigneur de la gloire,
tu n’as pas craint de prendre chair
dans le corps d’une vierge
pour libérer l’humanité captive.

Par ta victoire sur la mort,
tu as ouvert à tout croyant
les portes du Royaume ;
tu règnes à la droite du Père ;
tu viendras pour le jugement.

Montre-toi le défenseur et l’ami
des hommes sauvés par ton sang :
prends-les avec tous les saints
dans ta joie et dans ta lumière.

Oraison

Accorde-nous, Seigneur, de trouver notre joie dans notre fidélité : car c’est un bonheur durable et profond de servir constamment le créateur de tout bien. Par Jésus…

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Frère Hervé

Je suis un religieux ermite, consacré dans cette forme de vie par mon évêque. Je réside en France et suis passionné par la recherche de la Vérité dans l’Écriture sainte, dans la philosophie et la théologie.

Cette publication a un commentaire

  1. Félicité

    Merci beaucoup Frère Hervé.
    Que DIEU vous bénisse abondamment.

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