Noël, fête païenne ?

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Synthèse pour le lecteur pressé

Noël n’est pas et n’a jamais été une fête païenne. C’est une fête pleinement chrétienne, célébrant la venue du Christ, rédempteur dans la race humaine et lumière du monde. Mais la date à laquelle la majorité des chrétiens célèbre Noël est située dans une période où plusieurs peuples païens de l’hémisphère Nord, influencés par le solstice d’hiver, avaient des fêtes dédiées à leurs divinités.

C’est presque chaque fin d’année que cette question revient sous une forme ou une autre. La réponse simple et courte est que non, ce n’est pas une fête païenne puisqu’elle célèbre le Christ, l’initiateur même du Christianisme. La venue au monde du Seigneur fut célébrée en tout premier lieu par les anges de Dieu (Luc 2,9-14).

Pour les adversaires de Noël, si elle n’est pas païenne, elle serait plutôt d’origine païenne. Mais que signifie d’origine païenne exactement ? Il semble que c’est qu’ils essaient de dire est qu’à la date de Noël, les païens célébraient une fête bien avant les chrétiens et que certains symboles de Noël seraient venus du paganisme. En conséquence, les chrétiens n’auraient fait que préserver la fête païenne en lui donnant un costume chrétien. Et pour couronner le tout, beaucoup des catholiques ne font que répondre en disant que oui, Noël serait une christianisation d’une fête païenne préexistante.
1. La théorie du remplacement d’une fête païenne.

Noël et la théorie des origines païennes

Cette théorie insinue que la fête de Noël trouverait ses origines dans les célébrations païennes associés au solstice d’hiver, plus particulièrement les saturnales et la fête de la naissance de « sol Invictus » (soleil invaincu). Cette fête fut instaurée par l’empereur Aurélien en 274. En effet, la première mention connue de la célébration de Noël par les chrétiens date de 336.

Cette théorie se base uniquement sur le fait que les mentions des fêtes païennes sont antérieures à celle de Noël. Un exemple de notre époque pourrait nous aider. J’ai par exemple la même date d’anniversaire que le footballer brésilien Ronaldo. Le fait qu’il soit né avant moi ne signifie pas que je fête son anniversaire à chaque fois que je fête la mienne ou que mon anniversaire serait une copie de la sienne ou encore aurait des origines dans la sienne.

Ensuite, la fête de « Sol Invictus », si elle est mentionnée avant la première mention de la célébration de Noël, a été instaurée au 3ème siècle après Jésus-Christ. Elle est donc bien postérieure à la naissance de la religion chrétienne.  Les saturnales, festivités romaines qui précèdent l’ère chrétienne, duraient une semaine (du 17 au 23 Décembre) et non une journée. Noël ne peut donc être leur « copies » ou imitation. Quant à la religion de Mithra, elle n’est pas de base un culte romain mais perse et s’est rependue dans l’empire romain presqu’en même temps que le christianisme.  On peut donc conclure qu’il n’y a aucune indication qu’à son instauration, la fête de Noël fut une copie de célébration païenne.

Il est vrai que les Romains, comme les autres peuples de l’antiquité vivant dans l’hémisphère Nord, avaient des célébrations associées au solstice d’hiver à cause de son symbolisme du retour du soleil, et avec lui la lumière, la chaleur et la vie.  Même les germaniques qui n’ont été christianisés que tardivement avaient leurs fêtes entre décembre et janvier appelé Yule. Cela prouve que des fêtes païennes peuvent coexister parallèlement aux fêtes chrétiennes aux mêmes dates.

Même si l’instauration de Noël n’était qu’une consécration au Christ d’un moment de l’année et d’une symbolique auparavant consacrées aux divinités païennes, il n’y aurait aucun souci.  Le Soleil et ses phénomènes (solstice, équinoxes ou éclipses) ainsi que tous les jours de l’année y compris le 25 Décembre sont des créations de Dieu. La symbolique du retour du soleil est un fruit de la science divine. Si les païens l’ont utilisé pour leurs divinités solaires (qui n’ont rien créé), pourquoi les chrétiens devraient-ils s’interdire de les utiliser pour le Soleil de Justice (Malachie 3,20 ; Luc 1,28) et la lumière véritable (Jean 8,12) qu’est Jésus-Christ, le créateur même de ces choses ? Nous ne faisons que rendre à Dieu ses droits en utilisant ses créations pour sa gloire. Il nous importe peu que des païens les aient injustement utilisés pour leurs divinités imaginaires.

Noël et la théorie du calcul

D’autres personnes soutiennent plutôt que la date de Noël fut calculée par les chrétiens sur base d’une tradition juive qui voudrait que les grands hommes, et surtout les prophètes, meurent le jour de leur conception. En l’appliquant au Christ qui est mort pendant la pâques (fin mars- début avril), la naissance du Christ se situerait 9 mois plus tard, soit fin Décembre ou début janvier. Ce qui explique que dès le départ, Noël ne fut pas célébrée à date unique : le 6 janvier en Orient et le 25 décembre en occident. La date du 25 décembre finira par s’imposer presque partout à partir du 6e siècle. La date 6 janvier est encore gardée par les Arméniens aujourd’hui. (NB : pour ceux qui suivent le calendrier Julien comme dans les pays orthodoxes ou en terre sainte, ces deux dates tombent respectivement le 19 et le 7 Janvier du calendrier grégorien).

Cette théorie de calculs est appuyée par des témoignages des écrivains chrétiens d’avant l’instauration de la fête du « Sol Invictus ». Saint Hyppolyte de Rome en 204 rapporte que le Seigneur est né le 25 décembre dans son commentaire sur Daniel. Jules l’Africain, dans ses chroniques universelles (212-221), place la conception du Christ le 25 mars (ce qui place sa naissance autour du 25 décembre) qui est d’ailleurs jusqu’à ce jour la fête de l’annonciation.

Un autre appui à cette théorie serait le fait que le 25 mars est aussi considéré par les pères de l’Église comme la date du sacrifice d’Isaac, préfiguration du Christ. Une question se pose alors : pourquoi la fête de la naissance n’est pas mentionnée dans les documents primitifs ?

L’absence des mentions de la célébration de Noël avant 336 peut s’expliquer par plusieurs facteurs tels que : d’abord l’état de persécution dans lequel se trouvait l’Eglise ; ensuite l’incarnation était peut-être associée premièrement à la conception du Christ plutôt qu’à sa naissance ; enfin, l’importance de la célébration de l’incarnation s’est accrue suite aux débats théologiques sur la divinité et l’humanité du Christ qui ont secoué l’Église juste après la légalisation du christianisme… ou même une combinaison de tous ces facteurs.

Cependant, rien n’oblige que l’on soit dans l’une des extrêmes. Plusieurs facteurs ont pu contribuer au choix du 25 décembre pour la célébration de la naissance du Christ : le calcul à partir de la date retenue pour la conception, le symbolisme du solstice d’hiver, le fait que cette période était déjà festive pour la majorité des peuples de l’hémisphère nord.

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Jordy Théodore Wa Ngondo-Maria

Je suis un laïc engagé dans le « ministère des jeunes et évangélisation », actuellement membre du Renouveau charismatique de la communauté francophone de l’archidiocèse de Cape Town. Apologiste amateur, passionné des Saintes écritures, de la philosophie et de la théologie catholique, je m’engage à fond dans la protection des bébés (lutte contre l'avortement) au sein de l'université de Cape Town.

Cet article a 2 commentaires

  1. Pierre Kabwe

    Oui un bon commentaire sur Noël, ce qui enrichit ma foi.

    Mais j’ai un petit souci, je ne vois pas la possibilité d’enregistrer les articles publiés sur ce forum pour les lire même hors connexion, ce qui nous serait un outil indispensable !

  2. Germain

    Merci chers abbé

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